- le poste de manoeuvre comprenait l'appareillage et l'amarrage..
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le temps passé au poste de manoeuvre a toujours été pour moi un moment de frustration, j'aurais aimé être sur le pont, sur la plage arrière, sur la plage avant ou encore mieux à la passerelle pour assister à la manoeuvre, mais ma spécialité de mécanicien m'obligeait à rester à mon poste à la machine (dans le trou au fond), malgré tout il m'arrivait de passer outre aux ordres et de monter au niveau supérieur du local machine me permettant ainsi par une porte étanche entrouverte d'assister à la manoeuvre.
Le poste de manoeuvre dépendait bien sur de la spécialité :
- le commandant, l'officier en second, les radios, les timoniers et les détecteurs étaient à la passerelle, un bosco assurait la tenue de la barre, soit 7 à 8 hommes d'équipage se répartissaient dans l'abri de navigation et sur les ailerons de cet abri.
- les mécaniciens se
retrouvaient tous sans exception au local machine, bien que théoriquement deux mécanos suffisaient à faire fonctionner les deux moteurs, les autres étant prets à intervenir en cas d'anomalie, il y avait 2 seconds maîtres, 2 quartiers maîtres et 3 à 4 matelots, parfois le patron mécanicien un maître principal venait faire acte de présence, soit 8 à 9 hommes d'équipage.
- les électriciens 2 matelots et un second maître étaient au local du giro compas ou à proximité du tableau électrique dans le local machine, ils assuraient aussi le branchement et le débranchement du câble électrique relié à quai par une borne, soit 3 hommes d'équipage, ils étaient aussi prets à intervenir suivant la demande.
- tout ceux de la cuisine (maître d'hotel, cuisinier, aide cuisinier, cambusier) sous les ordres du capitaine d'armes le bidel assuraient la mise en place et le retrait de la coupée seule liaison physique avec le quai, soit environ 5 hommes d'équipage, j'allais oublier Zouzou la chienne la première à descendre à quai.
- les boscos et les sans spécialité se partageaient entre la plage arrière et la plage avant, sous le commandement d'un second maître, soit 8 à 10 hommes d'équipage, leur rôle était d'assurer le dégagement ou l'amarrage du bâtiment en agissant sur les aussières.
La passe de la rade de Toulon à proximité de Saint-Mandier marquait le début et la fin du poste de manoeuvre. Du quai de l'artillerie à la passe de la rade il devait se passer environ 20 minutes, durant ce temps nous pouvions admirer le paysage et croiser différents bâtiments entrant ou sortant de la rade c'était pour celui qui n'était pas à la machine un moment agréable quand il faisait beau temps.
L'arrivée à quai était un moment important, cela voulait dire :
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la fin du quart 24 heures sur 24,
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la possibilité d'aller à terre le soir,
- le départ en permission pour certains,
- le retour en famille pour ceux qui résidaient dans la région...
A l'opposé bien sur du départ en mer.