DEUX FTP TUES AU COMBAT
LE 3 JUILLET 1944
A KERVOURIOU EN PLUZUNET




François GERON

Georges LE DU
Le 3 juillet 1944

Un maquis FTP de la compagnie "La Marseillaise" est installée depuis quelques jours dans une lande à Croaz-Marc'hossiou en Pluzunet à l'écart de la route menant à Bégard. Maquis sous la responsabilité d'Yves Trédan secondé par Yves Ollivier responsable sur Pluzunet et Armand Tilly responsable sur Louargat - Saint-Eloi.
Au petit matin, après autorisation donnée, 2 FTP se rendent à pieds, armés au bourg de Pluzunet pour aller récupérer une paire de chaussures qui avavaient été donnée à rénover.
Prenant des chemins de campagne, quelques minutes après leur départ, arrivés à Kervouriou, ils rencontrent une patrouille de mlitaires allemands effectuant un contrôle dans le secteur.
L'affrontement est inévitable, après avoir soutenus un combat inégal en hommes et en armement contre des soldats de métier aguéris aux combats, à cours de munitions, ils sont blessés, martyrisés et achevés sur place.
L'ennemi aura 2 tués et 1 blessé.
Les camarades restés sur place au maquis entendirent les bruits d'échanges de coups de feu, ordre fut donné d'évacuer le maquis et de se replier ailleurs.
Ce jour là, d'autres camarades avaient mené une action à Bégard et tendu une embuscade également à Bégard, à leur retour ils trouvèrent les installations du maquis dévastées.

Géron François, Marie
Né le 11 juin 1920 à Belle-Isle-en-Terre.
célibataire, ouvrier à la papeterie Vallée, demeurant à Locmaria en Belle-Isle-en-Terre.

LE DU Georges, Jacques, Auguste, René
Né le 20 septembre 1920 à Paris 12e (Seine).
Célibataire, demeurant à Essonnes (Seine-et-Oise ; Essonnes), replié à Plounérin.
Un bataillon portera son nom sur le Front de Lorient.

Ernest Roussel témoigne

"Georges Le Du et François Géron, étaient avec nous dans le maquis de Pluzunet jusqu’au 3 juillet 1944, ils furent tués au combat par une patrouille allemande le matin à l’aube.

Les faits

Trois jours auparavant Yves Trédan, Capitaine, m’avait donné l’ordre de récupérer une mitraillette chez François Géron, celui-ci est venu avec moi rejoindre le maquis au lieu-dit Croaz Marc'hossiou en Pluzunet. François Géron habitait à Locmaria en Belle-Isle-en-Terre.
Dans la nuit du 2 au 3 juillet 1944, nous étions sur la voie ferrée pour effectuer des sabotages. Nous avons couru et travaillé toute la nuit et sommes rentrés au maquis vers 4 heures du matin, il avait plu très fort toute la nuit. Au petit matin, François Géron m’a demandé de l’accompagner pour aller chercher une paire de sabots qu'il avait déposé la veille chez un cordonnier au bourg de Pluzunet. Etant fatigué je n’étais pas partant. C’est alors que Georges Le Du lui dit : " Je vais avec toi ", sinon je ne l’aurais pas laissé aller seul et serais parti avec lui.
Les voilà partis tous les deux au lever du jour. Un quart d’heure après, on entend une fusillade. Tout le monde est sur pieds, le Capitaine Yves Trédan, Lafontaine et les autres camarades se rendent à la rencontre de Georges et François.
Malheureusement ils étaient sans vie les bras cassés. Quand on est arrivé sur place, les boches avaient déjà ramassé leurs morts et s’étaient repliés sur Lannion."

Ernest Roussel, accordéoniste, connu de tous, originaire de Plounévez-Moëdec, il participa à plusieurs sabotages de voies ferrées.


Article paru dans le journal l'Aube Nouvelle du 7 Juillet 1945.
Pluzunet.
Souvenons nous.

Le 3 juillet 1944 un groupe d'une cinquantaine de F.T.P. de la Marseillaise cantonnait non loin du carrefour entre Bégard et Pluzunet.
Surpris par les boches alors qu'ils sortaient du maquis les camarades François Géron de Belle Isle en Terre et Georges Le Du de Corbeil durent se battre contre un ennemi supérieur en nombre et mieux armé ; mais ils le firent avec un courage digne de tous éloges.
Les deux hommes munis de pistolets seulement abattirent 3 allemands, mais malheureusement ils devaient succomber à leur tour.
Ils furent braves ces héros, braves comme tous ceux qui ont donné ou risqué leur vie pour que la France soit libre.
Le Du était un ancien de la Résistance et le bataillon qui prit son nom s'est couvert de gloire sur le front de Lorient.
François Géron réfractaire n'avait qu'un idéal : tuer au moins un boche avant de mourir.
Ces camarades qui vendirent chèrement leur peau ont droit qu'on se souviennent d'eux.
Nous ne voulons pas qu'on les oublie ni eux ni tous ceux qui sont morts soit fusillés soit au combat soit dans les bagnes allemands pour que vive la France.