LA NOMINATION D'UNE RUE
ANATOLE DE CARCARADEC A LANNION
Le conseil municipal du 16 mai 2011
Communiqué de presse du comité directeur départemental de l'ANACR
Les archives municipales de Buhulien parlent
Le conseil municipal du 3 octobre 2011
Le point de vue de l'ANACR
Communiqué de presse de l'ANACR
Communiqué de presse de Serge TILLY, en réponse à Mr de Carcaradec
Historique de l'affaire
Revue de presse
Le conseil municipal du 16 mai 2011
Le conseil municipal de Lannion décida le 16 mai 2011 après avis de la commission culture de nommer une rue de Lannion "Anatole de Carcaradec".
Le comte Anatole Rogon de Carcaradec fut maire de Buhulien pendant l'occupation, il fut également conseiller général (élu) puis conseiller départemental (nommé par Vichy), il assuma cette fonction jusqu'à la Libération et fut même président d'une commission. Il fut donc un homme politique de premier plan dans notre département.
Anatole de Carcaradec fut un grand propriétaire terrien possédant une grande partie des terres et des fermes de la commune. Connu pour être un fervent royaliste et faisant partie de la droite traditionaliste.
Communiqué de presse du comité directeur départemental de l'ANACR
L'Association Nationale des Anciens Combattants et Amis de la Résistance trouve insupportable que l'on puisse donner un nom de rue à un tel personnage, c'est pour cette raison qu'aussitôt connue la nouvelle, le bureau départemental de l'ANACR a passé un communiqué dans les trois journaux locaux : Ouest-France, Le Télégramme et Le Trégor.
En voici la teneur :
Les anciens Résistants de l'ANACR sont scandalisés d'apprendre qu'une rue de Lannion va porter le nom d'Anatole de Carcaradec.
Le comte de Carcaradec fut un maire servile et fidèle de Buhulien auprès du gouvernement de collaboration du Maréchal Pétain, ce qui justifia d'ailleurs son arrestation à la Libération. Est-il vrai qu'il porta la francisque comme le dévoile les documents des archives départementales de Saint-Brieuc.
L'ANACR se bat pour faire débaptiser des rues de négationnistes tel qu'Alexis Carrel, devra t-elle se battre à nouveau pour faire débaptiser la rue Anatole de Carcaradec à Lannion ?
On peut penser que les élus qui ont pris cette décision honteuse n'étaient pas informés, il n'est pas trop tard pour revenir en arrière, ce serait tout à leur honneur.
Nous demandons aux élus de Lannion de revenir sur cette nomination qui donne un très mauvais exemple à la jeunesse.
Dans le cadre des nominations de rues à Lannion, l'ANACR se tient à votre disposition pour vous proposer des noms d'anciens Résistants et Résistantes, par exemple, celui de Léon Razurel qui fut lui aussi de Buhulien, ancien résistant, il commanda le 15ème bataillon FFI sur le front de Lorient, il fut blessé à Merlévenez lors d'une offensive allemande au mois d'octobre 1944. Léon Razurel fut connu à Lannion par son investissement dans le monde associatif en particulier dans le club de football de l'USL.
Les archives municipales de Buhulien parlent
Dans une délibération du conseil municipal de Buhulien en date du 8 mars 1942 (bien après les mesures prises contre les juifs par le gouvernement de Vichy dirigé par Pétain) Anatole de Carcaradec évoqua "le souvenir du Maréchal Pétain le grand chef d'état" et proposa l'achat par le conseil municipal d'une médaille frappée en témoignage de sympathie pour "le Grand Français qu'est notre Chef d'État", si cela ne s'appelle pas du zèle comme osa l'affirmer François Tassel dans la presse locale !
Le conseil municipal du 3 octobre 2011
Le 3 octobre le conseil municipal de Lannion a décidé après un vote acquis à l'unanimité d'annuler la décision de donner à une rue de Lannion le nom d'Anatole de Carcaradec.
Monsieur le Maire de Lannion s'exprimant sur le sujet : Je ne laisserai la parole à personne. J'utiliserai mon pouvoir de police. Il n'y aura pas de débat, on passera tout de suite au vote. On a largement débattu. Des articles de presse et des courriers contradictoires, des entretiens avec chacun des acteurs en compagnie de Paul Le Bihan.
Il ressort une incertitude pour le moins un doute. je retiens le vieil adage "dans le doute abstiens toi". Le retrait de la délibération est une solution de sagesse, d'apaisement, c'est ce que j'ai dit à Monsieur de Carcaradec, lequel a accepté cette proposition.
Point de vue de l'ANACR
Monsieur le Maire de Lannion confond doutes et certitudes, les Archives Départementales apportant la preuve que le comte Anatole de Carcaradec avait bien été un maire vichyste et maréchaliste jusqu'à la fin de l'occupation, assumant des responsabilités jusqu'au bout.
Au début de cette affaire un doute pouvait exister parmi les élus du conseil municipal qui avaient été mal informés, ce doute s'est transformé en certitude suite aux révélations faites par l'historien Alain Prigent.
Cette façon de présenter les choses relève d'un parti prix certain. Monsieur le maire voulant ignorer l'existence de documents que tout le monde peut consulter aux Archives Départementales de Saint-Brieuc, drôle de façon de respecter la vérité historique.
Monsieur le Maire n'a de toute évidence qu'une connaissance très restreinte de l'histoire sur cette période dans notre département.
Monsieur le Maire a informé Monsieur de Carcaradec de la décision, on peut noter la rapidité d'intervention après de Monsieur de Carcaradec, alors que l'ANACR a attendue plusieurs mois (après rappel) pour obtenir une réponse à un courrier.
Cette affaire aura mis en évidence :
- L'étonnante obstination de Monsieur le Maire de Lannion à ne pas avoir tenu compte dès le début de l'affaire de l'intervention de l'ANACR, affirmant ne pas vouloir revenir sur la décision et refusant par la suite toute communication sur le sujet.
- Le peu de cas que les élus de Lannion font du travail de mémoire réalisé par le Comité pour l’Étude de la Résistance Populaire dans les Côtes-du-Nord (dans lequel travaillent depuis plus de 15 ans Alain Prigent et Serge Tilly par des recherches aux Archives Départementales de Saint-Brieuc) préférant se référer à des personnes n’ayant fait aucune recherche dans ce domaine ou ne tenant compte que de l’avis d’un ancien résistant isolé et très controversé par ses actes comme par ses écrits dans le milieu de la Résistance, personnes qui se trouvent par la même occasion discréditées pour parler de cette période.
- Le sérieux du travail de mémoire réalisé par l’ANACR et l'historien Alain Prigent sans esprit partisan permettant que la ville de Lannion ne soit pas souillée par le nom d'une rue donné à un personnage lié à la collaboration.
- La bataille menée par l'ANACR prouve que la vérité finie toujours par triompher et qu'un combat n'est jamais perdu d'avance surtout lorsque l'on se bat avec détermination.
Communiqué de presse de l’ANACR
Le 16 mai 2011, le conseil municipal de Lannion décida de dénommer une rue Anatole de Carcaradec à Lannion, décision prise après un avis favorable donné par le conseiller municipal UDB Jean-Jacques Monnier membre de la commission culture.
Le 26 mai 2011, dès que l’ANACR fut informée de la nouvelle, elle intervint par un communiqué de presse pour demander au conseil municipal de revenir sur cette décision.
Le comte Anatole de Carcaradec fut un maire vichyste et maréchaliste docile, un homme politique influent dans notre département jusqu’à le fin de l’occupation. Pour les anciens Résistants et Résistants Déportés donner son nom à une rue était inacceptable.
Dans ce communiqué de presse, l’ANACR offrait aux élus de Lannion l’occasion de sortir honorablement de cette situation, elle n’avait pas pour but d’engager une quelconque polémique à connotation politique comme certains ont tenté de le faire en déviant le débat mais de rétablir la vérité historique. D’autant qu’il apparaissait que le conseil municipal avait été mal informé sur le passé du comte Anatole de Carcaradec.
L’ANACR et l’historien Alain Prigent se sont retrouvés seuls à Lannion dans cette action en multipliant les actions de communication. Plusieurs témoignages dont celui de l’ancien maire de Louannec François Nicolas sont venus confirmer et conforter notre position.
Le débat public organisé par l’ANACR le 8 septembre 2011 au cours duquel, l’historien Alain Prigent a expliqué à l’auditoire le rôle d’Anatole de Carcaradec durant l’occupation. L’élu UDB Jean-Jacques Monnier a admis publiquement qu’il n’avait fait aucune recherche pour conclure que le comte Anatole de Carcaradec n’avait pas été condamné.
Le lundi 3 octobre 2011, le conseil municipal de Lannion a décidé à l'unanimité sans débat de revenir sur cette décision, l’ANACR prend acte.
Cette affaire met en évidence le sérieux du travail de mémoire réalisé par l’ANACR et Alain Prigent sans esprit partisan.
L’ANACR ne tire aucune gloire de cette affaire, seul lui importait le respect des valeurs de la Résistance, but atteint. Son président Armand Tilly, décédé il y a quelques jours n'aura pas connu l'issue de cette affaire mais il se sera battu jusqu'au bout afin que ses camarades ne soient pas trahis par une décision honteuse.
L’ANACR se tient à la disposition des élus pour faire des propositions de noms de rues à Lannion : Léon Razurel, Corentin André le capitaine Maurice par exemple ).
Communiqué de presse de Serge Tilly,
en
réponse à Mr de Carcaradec
Les textes retirés par la rédaction du Trégor lors de sa parution le 6 octobre 2011 sont en caractères bleu et gras.
Le petit fils d’Anatole de Carcaradec auquel Le Trégor a offert une large tribune le 15 septembre a déversé sa haine contre les membres du Parti Communiste Français, assimilant l'ANACR au PCF. Rien de surprenant : lorsqu'on est à court d'arguments et qu’on refuse la discussion sur les faits, il est bien facile de recourir à la théorie du complot et dénoncer une prétendue manipulation politique. Qu'il aille consulter les Archives départementales de Saint-Brieuc, alors il aura la décence de se taire sur le passé de son grand-père.
En cette affaire, l’ANACR a eu pour seul but de rétablir la vérité historique, sans haine pour la famille de Carcaradec (tout le monde reconnaît que Hervé et Yves, le père et l'oncle de Gérald, furent des hommes appréciés). Notre association de par ses statuts est apolitique. S’y côtoient toutes les sensibilités politiques, à l’exclusion des personnes propageant des idées négationnistes, racistes et xénophobes. Il y a quelques années parmi nos adhérents se retrouvaient le communiste Henri Rol Tanguy et les gaullistes Jacques Chaban-Delmas, Yves Guéna … sans que cela pose problème. S’y côtoient encore en 2011 des personnalités politiques de tous bords, ainsi Pierre Sudreau, ancien ministre du général de Gaulle. C’est cette diversité qui fait la richesse de notre association.
Monsieur Gérald de Carcaradec a trouvé indécent que je remette à Monsieur le maire de Lannion la pétition des dix signataires du monde de la Résistance lors de la cérémonie de Servel le 7 août. En juin, l'ANACR avait demandé un rendez vous en mairie : il fallait pour l'obtenir attendre trois mois ; il était donc légitime et urgent de tenir Monsieur le Maire informé de la honte que serait pour une municipalité de gauche d’honorer par un nom de rue un partisan de la collaboration. L'indécence est plutôt de sa part de continuer à nier l'évidence : qu'il consulte seulement la délibération du conseil municipal de Buhulien en date du 8 mars 1942, délibération signée par son grand-père. Il y apprendra que ce dernier demandait au conseil municipal d'acheter une médaille à l'effigie de « notre grand chef d'Etat le maréchal Pétain ». Le 8 mars 1942, les lois anti juives étaient votées, il ne pouvait l'ignorer, des résistants étaient fusillés, dont deux de Lannion… Monsieur Gérald de Carcaradec prend pour référence de la Résistance à Lannion un certain François Tassel : ce personnage très controversé dans le monde de la Résistance, profitant de la disparition de certains pour occuper le terrain médiatique alors qu’avant beaucoup ignoraient jusqu’à son nom, a produit récemment un opuscule qui a suscité l’indignation de nombreux résistants authentiques par ses contre vérités et approximations. Il est, on en conviendra, pour le moins étrange de voir un résistant venir défendre un maire pétainiste…
Enfin, pour témoigner de son souci de l’intérêt pour la ville de Lannion, le petit-fils d’Anatole de Carcaradec cite les terrains qu’il a vendus pour différentes réalisations. À lire de tels propos, qui laisseraient à supposer que vente et dons se confondent, on est tenté de se demander quelles sommes lui ont rapporté ces transactions.
Il ne partage visiblement pas les mêmes valeurs que mon père, décédé il y a quelques jours, mon père qui s'est dévoué toute sa vie pour aider les autres et cela bénévolement, dans le pur esprit de la Résistance que nous aurions honte de voir trahir.
Historique de l'affaire
16 mai
Délibération du conseil municipal dénommant une rue de Lannion Anatole de Carcaradec (sur proposition du conseiller municipal UDB Jean-Jacques Monnier, qui avait enquêté afin de savoir si le comte Anatole de Carcaradec avait été condamné à la Libération).
23 mai
Communiqué du comité directeur départemental de l'Association Nationale des Anciens Combattants et Amis de la Résistance.
24 juin
Alain Prigent reçu en mairie par Paul Le Bihan 1er adjoint.
24 juin
L'ANACR (Thomas Hillion ; président départemental, Pierrot Martin ; co président national et Serge Tilly ; vice président du comité local), la FNDIRP (Gustave Marzin) et Yves Bourdoulous ancien conseiller municipal reçus en mairie par Paul Le Bihan 1er adjoint.
26 juillet
Alain Prigent (1), a rédigé un mémoire sur le passé du comte Anatole de Carcaradec durant l'occupation, pages qui sont la réflexion de ses recherches effectuées aux Archives Départementales de Saint-Brieuc, se servant également d'ouvrages d'historiens traitant du comte Anatole Rogon de Carcaradec. Ce mémoire a été mis en ligne sur Internet.
(1) professeur d'histoire - géographie et historien auteur de plusieurs ouvrages dont certains consacrés à la période de l'occupation "Les Cahiers de la Résistance Populaire" travail réalisé au sein du Comité pour l'Étude de la Résistance Populaire dans les Côtes-du-Nord.
7 août
Au cours de la cérémonie de Servel, remise d'une pétition des 10 signataires du monde de la Résistance et de la Déportation dans le département par Serge Tilly.
Envoi par courrier postal à chaque élu du conseil municipal de Lannion d'un dossier contenant les informations contenues dans le site Internet.
25 août
Parution dans Le Trégor de l'article de l'ancien maire de Louannec François Nicolas.
8 septembre
Débat public (réunissant 45 personnes et non 30 comme annoncé dans la presse) au centre Savidan, Alain Prigent expliquant à l'auditoire le fruit de ses recherches. Jean-Jacques Monnier arrivé en fin de débat admis qu'il n'avait pas fait de recherches pour conclure que le comte Anatole de Carcaradec n'avait pas été condamné à la Libération.