OPÉRATION DE POLICE
LE 4 JUIN 1944
DANS LE SECTEUR DE PERROS-GUIREC
le milicien du kommandeau de Landerneau Hervé BOTROS


Hervé BOTROS
Né le 22 décembre 1919 Lanmeur (Finistère), fils d'Armand BOTROS et de Jeanne LE LOUS, cultivateurs à L'Hôpital Belll, puis tenant un bazar-épicerie rue Scoën à Lanmeur.
Employé de commerce, célibataire.

Le 22 juin 1940 à l'arrivée des Allemands, il est fait prisonnier avec son unité à Vannes (Morbihan), envoyé dans un stalag en Autriche il est libéré en juin 1941 étant l'aîné de 6 enfants dont 5 soeurs, regagnant Lanmeur. A son retour il fait la connaissance d'André GEFFROY membre du PNB.
En 1942, il devient membre du PNB, devenant le chef cantonal à Lanmeur.
En 1944, il intègre la milice du kommando de Landerneau se mettant au service de l'occupant.

Hervé BOTROS et André GEFFROY parlant breton nouèrent sournoisement des contacts avec des membres de la Résistance, obtenant ainsi des renseignements. C'est ainsi qu'ils s'infiltrèrent et dénoncèrent des Résistants qu'ils livrèrent aux Allemands ou qui avec leur appui menèrent des opérations contre des personnes, des groupes et des maquis. Au cours ces actions Hervé BOTROS fut d'une extrême violence à tel point que son comportement choqua des membres de l'armée allemande.

Deux fois par semaine André GEFFROY et Hervé BOTROS participaient à des réunions avec les Allemands dans le manoir de Colleville à Landerneau -utilisé comme prison, lieu d’interrogatoires et de tortures-, faisant le point de la situation et par rapport aux renseignements recueillis préparaient des opérations contre des Résistants.

En dernier lieu il fut signalé à Rennes y commettant des exactions le 29 juillet 1944 avec André GEFFROY, puis il se joignit aux membres du bezen PERROT avec leurs familles qui prirent la fuite pour l'Allemagne en autocar avant l'arrivée des troupes alliées le 3 août 1944, Hervé BOTROS conduisant le véhicule, il quitta le groupe à Strasbourg (Bas-Rhin) et tenta sans succès de se faire passer pour un membre de la Résistance.

Après la Libération, il s’engagea dans la légion étrangère, pensant se faire oublier.
Le hasard permis de le retrouver grâce à une lettre destinée à un camarade pour lui demander de lui envoyer des cigarettes, interceptée par un employé de la Poste ayant remarqué qu'au dos de la lettre figurait le nom et l'adresse d'Hervé BOTROS et transmise par cet employé à Guy PERON (1) qui entrepris les démarches pour faire arrêter Hervé BOTROS, ce qui fut fait le 28 février 1945.

Le 9 septembre 1945, Hervé BOTROS passa devant la Cour de Justice de Quimper (Finistère), s'appuyant sur les nombreux témoignages de rescapés ou des familles de victimes décida le renvoi de BOTROS Hervé devant la Cour de Justice du Finistère.

Le 21 septembre 1945, Hervé BOTROS fut jugé par la Cour de Justice du Finistère de Quimper et condamné à la peine de mort pour "intelligence avec l'ennemi".

Le 7 novembre 1945, Hervé BOTROS fut exécuté par fusillade à Ergué-Armel près de Quimper.

Le 17 novembre 1945, la famille voulue récupérer sa dépouille pour l'inhumer à Plouigneau non loin de Lanmeur, à l'arrivée du convoi funéraire, le maire Yves LE LANN et la population s'y opposèrent, la foule rassemblée menaça d'y mettre le feu. La famille due se mettre sous la protection des gendarmes et se réfugier dans la caserne.

Le 26 décembre 1945, ses parents durent mettre en vente leur maison avec ses biens rue Scoën en Lanmeur, vente déclarée : "vente par autorité de justice - confiscation pour profits illicites".

(1) Le 5 juillet 1944, Hervé BOTROS fit arrêter Guy PERON le martyrisa dans la maison que lui avait prêtée André GEFFROY et le livra aux Allemands, Guy PERON fut un ancien camarade de collège, il s'évadera du train devant le conduire en Allemagne. Guy PERON publiera un livre relatant notamment son arrestation et les mauvais traitements subis par Hervé BOTROS : "Un cross sous la mitraille".