Le 5 mai 1944, après avoir passé un mois à la maison de la Pépinière à Plouaret et y avoir subi d'horribles tortures, Roger quitte les lieux pour être dirigé vers Saint-Brieuc afin d'être déféré devant un tribunal militaire allemand.
Les Allemands ont mis en place des cours martiales itinérantes, présidées par le lieutenant-colonel KOILHAVER qui appartient à l'État-major du général STRAUBE, commandant le 74ème corps d'armée à Guingamp. Ces cours martiales sont chargées de donner un semblant de légalité aux exécutions.
Roger est condamné à mort comme onze autres camarades emprisonnés à la maison d'arrêt de Saint-Brieuc. On lui accorde la possibilité de voir un prêtre et d'écrire une lettre à sa famille, ce semblant d'humanité n'étant qu'une méthode bien étudiée pour terroriser les familles et tenter de les convaincre d'abandonner la Résistance.
Le 6 mai 1944 au petit matin les douze FTPF issus de l'Ouest du département traversent en camion la ville de Saint-Brieuc en chantant La Marseillaise et L'Internationale. Ils sont conduits à Ploufragan à dix km au sud de Saint-Brieuc au lieu dit Les Croix, dans un terrain de manœuvre militaire, où ils sont exécutés quatre à quatre de dix minutes en dix minutes. La mort de Roger MADIGOU est constatée par un médecin allemand à 7 heures 21.
Le même jour, sept autres FTPF de Plouaret arrêtés lors de la rafle du 23 avril 1944, quittent à leur tour en camion la maison de la Pépinière de Plouaret pour être dirigés vers Belle-Isle-en-Terre afin d'être déférés devant un tribunal militaire allemand. Tous condamnés à la peine de mort, ils ont également la possibilité de voir un prêtre et d'écrire une lettre à leur famille.
Dans la soirée, les sept suppliciés sont menés au lieu dit Les Croix, où ils sont exécutés.
Tous sont enterrés dans une fosse commune, à proximité, par les Allemands. La population locale, mise au courant des événements, manifeste sa solidarité en déposant régulièrement des bouquets de fleurs où sont ensevelis les dix-neuf corps, ce qui déplaît à l'occupant : les employés des Pompes Funèbres de Saint-Brieuc sont réquisitionnés pour exhumer les corps. Des témoins voient que le convoi prend la direction de Quintin… |